"El toro de fuego", une indignation

La préparation de ce "spectacle" pour le moins cruel, par une association d'Amélie-Les-Bains, a succité l’indignation chez les protecteurs des animaux qui se sont mobilisés pour le faire annuler.

Un spectacle barbare... au même titre que la corrida

Samedi 7 septembre devait se dérouler un spectacle peu connu en France qui mettait en scène un taureau : El Toro de Fuego. Cela consiste à mettre en feu les cornes de l'animal ce qui provoque d'atroces souffrances mais surtout un traumatisme chez le taureau.

Pourquoi cette idée funeste alors que la pratique habituelle consiste à utiliser l'effigie d'un taureau qui sert de support à un spectacle pyrotechnique aussi joyeux que pacifique ? 

Une mobilisation importante des internautes

Les Internautes, apprenant la tenue d'un tel spectacle, se sont mobilisés emmenées par Anna Galore, militante anti-corrida. Des centaines de coups de téléphone et de mails ont été reçus par la préfecture et la mairie. Tous dénonçaient avec ferveur l'horreur d'un tel spectacle d'un autre âge qui n'a pas lieu d'être ni à Amélie-Les-Bains ni ailleurs  !

Il faut savoir que le toro de fuego, tel qu'il est encore pratiqué dans certaines villes d'Espagne est abominable: les cornes de la malheureuse bête, enduites de résine et de substances inflammables, brûlent et se consument lentement sans que l'on puisse éteindre ce foyer, ce qui fait que l'animal en proie à un douleur effroyable dont il cherche à se débarrasser, se frotte, se cogne sur tous les obstacles possibles. Il peut en mourir, en perdre la vue, la combustion se propageant aux organes vitaux du cerveau. 

Événement annulé ce samedi à Amélie

L'association les Festibanyes a décidé ce jeudi matin, après mûre réflexion, d'annuler purement et simplement le fameux "toro de fuego" qui a enflammé la toile mercredi après-midi. 

"Nous avons pris la décision ce matin, sur demande de la sous-préfecture, et après en avoir discuté entre nous, et avec la mairie, d'annuler la dernière partie du spectacle", annonce ce jeudi matin François Garrigue, président des Festibanyes. L'association, créée pour faire revivre la tradition des toros catalans, célèbre ce samedi 7 septembre, son 10e anniversaire à Amélie-les-Bains. Le président, qui souhaite avant tout "ne pas attiser les haines", a voulu "satisfaire la demande des autorités" dans un souci d’apaisement.

Face aux virulentes critiques qui ont fusé sur Facebook, François Garrigue souhaite expliquer la démarche et tordre le cou à certains excès de langage : "Il n'a jamais été prévu d'organiser un lâcher de toro en feu. La photo exhibée sur la page Facebook des opposants à l'événement ne correspond pas à la réalité.", se défend-il. "Le toro n'a pas les poils brûlés, il n'y a pas d'atteinte à l'animal, le feu est placé sur le prolongement des cornes, aussi éloigné de la tête du toro que pour quelqu'un qui tient un flambeau", précise le responsable des festivités. 

Cri de victoire

Néanmoins, face à la pression, mairie, sous-préfecture et organisateurs ont préféré faire marche arrière afin de calmer les esprits échauffés. La décision a été aussitôt saluée par un cri de victoire du côté des anti-taurins.

"Nous sommes pleinement satisfaits, on leur souhaite des fêtes joyeuses sans torture animale", annonce Marie Ricard, membre du bureau de la FLAC 66, en charge de l'internet, ce jeudi matin après une longue nuit de discussion avec le groupe de militants. Car une nouvelle offensive était en réflexion : "Les associations envisageaient de déposer une plainte en référé pour faire interdire l'événement", confie Magali Noyer, avocate et militante. "Un article du code pénal punit tout sévice grave sur animaux, sauf pour les combats de coqs et les courses de toros, dont les corridas. Mais il y a un point juridique à clarifier : est-ce que chaque tradition taurine espagnole peut être importée en France sous couvert de cette exception ?", interroge-t-elle. 

"Les termes de la loi sont suffisamment imprécis pour permettre différentes interprétations, mais ils doivent l'être de manière stricte", argument la juriste. Celle-ci salue également la position des autorités : "La sous-préfecture et la mairie ont été relativement réactifs". "Les choses doivent évoluer dans ce sens", conclue Marie Ricard, de la FLAC, qui promet de rester en alerte. "Les Catalans du Sud sont en train d'interdire ces pratiques chez eux, et du coup, ils essaient de les importer au Nord", explique-t-elle. 

[alert-announce] Rendez-vous samedi 7 septembre en fin d'après-midi, à Perpignan, au pied du Castillet et devant la cathédrale Saint-Jean.  [/alert-announce]

Preuve que les associations anti-taurines ne baissent pas la garde, elles seront à Perpignan ce samedi 7 septembre, pour une "petite manifestation pacifiste", à l'occasion de Visa pour l'Image où ils profiteront de l'affluence de médias pour offrir un nouveau coup de pub à leur combat.

Source : L’Indépendant

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