Abeilles : l'Assemblée Nationale interdit les pesticides néonicotinoïdes

C’est une victoire historique ! Les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles ont été interdits par l’Assemblée nationale et c’est une première mondiale !

C’est à la suite de plus de deux heures et demi de débats intenses dans l’Hémicycle que l’amendement à la loi Biodiversité proposant une interdiction des néonicotinoïdes à été adopté de justesse à 30 voix pour et 28 voix contre … Après que le Sénat ait remplacé l'interdiction par un simple encadrement de leur utilisation.

Nous ne sommes pas passé loin de la catastrophe et cette victoire c’est aussi grâce à la pétition adressée à Ségolène Royale : défendez les abeilles contre les lobbies de l'industrie chimique !

[button-red url="http://action.sumofus.org/fr/a/loi-biodiversite-abeilles/?akid=17982.10178713.aHgsNa&rd=1&sub=fwd&t=1" target="blank" position="left"]Pétition à signer[/button-red]

 
 
 

Plus de 190.000 signataires

Près de 200.000 membres SumOfUs se sont mobilisés en quelques jours pour appeler Ségolène Royal et Bruno Le Roux à se positionner publiquement en faveur de cette interdiction. Notre mobilisation a porté ses fruits avant même que le vote ait eu lieu, lorsqu’à quelques heures de la reprise des débats parlementaires, la ministre de l’écologie annonçait à l’antenne de BFMTV que les néonicotinoïdes étaient «non seulement nuisibles pour les pollinisateurs (...) mais aussi sur les cerveaux des êtres humains» ajoutant par la suite qu’elle espérait également une interdiction pour l’agriculture car les agriculteurs, leurs familles et leurs enfants «sont les premières victimes» des pesticides. La ministre de l’écologie a d’ailleurs salué la décision prise à l’Assemblée nationale jeudi soir.

Une pression des lobbies

Ce positionnement courageux de Ségolène Royal est en totale opposition avec l’avis exprimé par Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture qui semblait agir en porte-voix des lobbies, et montre que le mouvement citoyen contre les pesticides auquel nous prenons part porte ses fruits, et ce malgré les fortes pressions excercées par l’industrie agro-chimique sur les élu-e-s de la République.
Une victoire entachée
Cette victoire historique reste cependant entachée par une loi Biodiversité en demi teinte. La taxe sur les importations d’huile de palme a été réduite à une somme symbolique sous l’influence des deux principaux producteurs, la Malaisie et l’Indonésie. L’interdiction du chalutage en eau profonde a quant à elle été rejettée en bloc. Enfin, l’interdiction des néonicotinoïdes n’est prévue qu’à partir de septembre 2018 au lieu de 2017. D’ici là, près de 700.000 colonies d’abeilles auront malheureusement disparues.

Le chantage de Bayer

Alors que même Stéphane Le Foll semble s’être remis du vote de jeudi soir, une voix s’est particulièrement fait entendre dès le lendemain matin, celle du géant de l’industrie du toxique : Bayer. Sur fond de chantage à «l’impasse agronomique et économique», le leader de l’agrochimie et vendeur de pesticides néonicotinoïdes dénonce le soi-disant manque de vision à long terme des parlementaires français et se pose ridiculement en défenseur hypocrite des agriculteurs. Il est clair que la seule chose que Bayer tente de défendre, c’est son porte-monnaie, envers et contre tout, même notre santé, celle de nos abeilles et de notre agriculture.

Attention ! Il faut rester mobiliser

Cette sortie médiatique de Bayer en dit long sur l’influence des lobbies de l’industrie phytosanitaire sur nos débats parlementaires et le risque posé à nos démocraties. La loi Biodiversité doit désormais être confirmée par un vote au Sénat avant l’été, vote qui se déroulera surement sous haute tension. Alors que les industriels redoublent d’efforts afin de faire pression sur les Sénateurs-trices, nous devons rester entièrement mobilisés afin de maintenir l’interdiction totale et définitive des pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles.
Cette interdiction dépasse le cadre français. Le monde entier nous regarde à présent, et si nous faisons interdire les néonicotinoïdes, alors demain d’autres le feront aussi. Nous sommes peut être à l’aube d’une révolution agricole plus respectueuse de nos écosystèmes et de la santé de tous.

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